Personne n'a quelque chose à dire. Tout est superflu. Les mots ne veulent plus rien dire, ils ne signifient plus rien. On a déjà entendu tant de choses que plus rien ne peut nous faire de l'effet. Nous sommes la génération du Trash, du Vulgaire. La génération de l'Inutile où tout ce que nous disons a déjà été dit, tout ce que nous portons a déjà été porté, tout ce que nous pensons n'est que la pâle copie de la pensée du voisin.
Tout se dégrade.
Nous vivons dans la débauche au milieu de la drogue, du sexe et de l'alcool. Et au milieu du Rock. Lui qui n'évolue plus depuis si longtemps Depuis qu'il a atteint le summum de la musique, du bruit, de la transe exceptionelle. Mieux que n'importe quelle drogue que nous ingurgitons chaque jour de notre triste existence.
Le temps se perd de plus de plus en futilités.
Et nous passons pour des incompris parce plus personne ne se comprend et on ne comprend pas non plus ceux qui essaient d'être différents et qui finissent par être exclus de la société qu'ils rejettent avec tant d'ardeur.
On passe pour des malades aux yeux des autres, mais c'est que nous sommes tous malades quelque part. Ce monde n'est qu'un simple monde de névrosés qui cherchent à trouver des buts à leur existences ratées et qui posent leur échec sur le dos de la société qui les brîment.
"Nous ne vivons plus parmi des hommes mais dans un monde de silhouettes" a dit Camus.
Et les silhouettes se font de plus en plus transparentes à force de ressemblances.
Les mots deviennent aseptisés, les pensées stériles. Tout est d'une morosité sans limites.
Chaque seconde est morte et celle qui suit n'est qu'un embryon décharné de toutes celles qui suivront indéfiniment, jusqu'à ce que ce pauvre monde soit réduit en cendre au milieu des vapeurs toxiques de la modernité industrielle.